Parler de Charles-Louis de Secondat , Baron de Montesquieu sous toutes ses formes. Réunir tous les Amis de Montesquieu.
Une grande nouveauté en 2011: l'Assemblée Générale se tient dans l'autobus! Le compte-rendu vous sera transmis sur le site.
C'est au nombre de 35 que les membres du Cercle se sont lancés sur les traces de Montesquieu en Agenais.
Départ à 9h. devant la mairie, première étape: Aiguillon, bastide Lot-et-Garonnaise de 4500 habitants. Mr Paraillous nous attendait devant l'ancien château du duc d'Aiguillon, devenu le lycée Stendhal en 1965.
D'origine médiévale, il fut rénové à la fin du XVIIIème siècle par le duc d'Aiguillon, ministre de Louis XV vers 1770, fils d'Anne Charlotte de Combalet, grande amie de Montesquieu. Chassé de la cour à la mort du roi, il décréta: "Puisqu'on ne me veut plus à Versailles, je referai Versailles à Aiguillon".
Il fit appel à l'architecte Leroy, élève de Soufflot (architecte du Panthéon). Après avoir racheté une à une les maisons proches du château (dont les habitants furent relogés dans le "quartier neuf "qu'il construisit pour eux), il dégagea un grand espace (place actuelle) autour duquel il fit construire à l'identique les deux bâtiments en vis à vis que vous voyez ci-dessus.
Dans l'un, il logea son personnel et dans l'autre, il aménagea un théâtre d'environ 200 places,qui, malheureusement, n'a pu être conservé car détruit à la Révolution.
Le duc d'Aiguillon mourut à Paris en 1788. Son fils, élevé dans les idées de Montesquieu, élu député du Lot et Garonne, s'engagea à fond dans la Révolution, puis s'exila en Angleterre...
Avant de partir, Mr Paraillous, conseiller général, nous invitait à la mairie pour nous faire découvrir, entre autres, le plan de l'ancienne ville dont l'original est au Musée d'Agen et poursuivait avec beaucoup d'enthousiasme la narration de l'histoire d'Aiguillon.
C'est là que nous le quittions et reprenions la route pour déjeuner à Agen. Le restaurant "L'Escapade", à deux pas du quartier habité par la famille de Montesquieu et du Musée, nous servit un repas régional apprécié de tous.
Après cet intermède gastronomique, nous suivions Monique, notre guide habituel qui nous menait dans les rues chargées d'histoire du XVIIIème siècle. Nous étions dans le quartier où se trouvaient le couvent des religieuses de Notre-Dame de Paulin (où Thérèse, la soeur de Montesquieu passa la quasi totalité de sa vie) et l'hôtel de Raymond (resté dans la famille des Secondat jusqu'aux années 2000).
C'est dans cette magnifique bâtisse que Denise, fille cadette de Montesquieu, vécut, après son mariage avec Godefroy, de vingt ans son aîné. Elle eut plus de chance que sa tante Thérèse; elle échappa au couvent car Montesquieu ayant gagné son procès put lui accorder une dot. N'oublions pas que Denise, fille préférée du philosophe, participa à son oeuvre dans le rôle de "petit secrétaire". Dans cet hôtel de Raymond, " la citoyenne Montesquieu" reçut l'hommage des Agenais lors d'une fête révolutionnaire, le 10 fructidor de l'an VI (27 avril 1798).
Les actuels propriétaires nous ont accueillis chaleureusement dans leur cour et nous ont relaté leur attachement lié à l'acquisition de cette maison emblématique que plusieurs foyers de la famille se sont appropriée.
Monique, avec émotion et empathie, a apporté son éclairage historique sur cette tranche de vie de la famille Montesquieu.
Cheminant et papotant par les rues Montesquieu, de Raymond, des Droits de l'Homme, nous arrivons au Musée des Beaux-Arts d'Agen, l'un des plus importants d'Aquitaine par sa richesse et sa diversité.
Fondé en 1876, il est situé au coeur historique de la Ville, logé dans quatre superbes Hôtels particuliers de la Renaissance érigés entre la fin du XVème et le milieu du XVI ème ( de Vergès, de Montluc, de Vaurs et d 'Estrades). Il présente environ 2000 objets et oeuvres, de la Préhistoire au XX ème siècle, dans 28 salles.
Deux salles sont consacrées à ce qui reste de la collection de portraits des Ducs d'Aiguillon, les autres ayant malheureusement été brûlés dans les rues d'Agen pendant la Révolution. Cette collection est entrée au Musée en 1903. Il s'agit d'une saisie révolutionnaire. Néanmoins nous avons eu le grand bonheur d'admirer des oeuvres de Nattier, Greuze, Oudry, Van Loo... De salle en salle dans un cadre prestigieux, nous avions la bonne surprise de découvrir des oeuvres majeures, dont cet escalier fabuleux..
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Les connaisseurs et passionnés d'architecture pouvaient apprécier tous les détails: stéréotomie des pierres, sculptures des colonnes, pureté des courbes...
Nous nous sommes attardés devant les cinq tableaux de Goya qui nous ont été commentés par une jeune guide débutante. Nous avons été surpris de découvrir les oeuvres d'un peintre aussi célèbre à Agen...
Ce Musée mérite d'être connu par un large public car si nous nous sommes arrêtés sur les collections des ducs d'Aiguillon et de Goya, sont présentes aussi des natures mortes flamandes et hollandaises , des peintures des XVIIèmes siècles français et italiens mais encore le XIX ème avec Courbet, Millet, Corot, Sisley et Caillebotte. Enfin, n'oublions pas les sculptures, gravures, céramiques et la section archéologique des époques celtique et gallo-romaine.
Cette journée ne nous laisse que de bons souvenirs. Découvertes culturelles, pause repas local, ambiance amicale et décontractée nous incitent à renouveler ces rendez-vous avec Montesquieu...